News / Nouvelles et Les derniers commentaires de Marcus Darbouze
Nous voici à l'aube d'une nouvelle année. Encore une fois, nous sommes appelés à faire preuve de courage et de bonne humeur en formulant nos voeux de fructueuses années à tous ceux qui avaient choisi de rester à nos côtés en parcourant ce long chemin jonché d'épines
Dieu merci, la maturité a choisi les expériences pour déterminer la modalité de ses choix. Malheureusement cependant, nous ne nous rendons pas toujours compte des réalités même quand nous faisons fi des principes de base caractérisant les rapports qui nous unissent en tant qu'instruments humains. Les moindres faits ayant marqué 2002 nous ont permis de comprendre que dans cette communauté, nous perdons nos ressources potentielles parce que nous tenons moins compte de leurs valeurs.
Dans l'Haïti de Boston les initiatives susceptibles de valoriser notre communauté ne nous ont jamais manqué. Et l'année qui vient de se terminer n'a pas été exempte des perspectives combien louables de nos activistes. La majorité d'entre eux nous ont loyalement conduit aux étapes que nous avons franchies jusque-là. Cependant les noms qu'ils se sont faits ont tout de suite été jetés dans les annales si tôt qu'ils sortent de la scène. Certaines valeurs même en pleine productivité font l'objet de mépris et de boycottes.
Nous n'irons pas trop loin pour faire la remarque. Si nous jetons un coup d'il dans le milieu artistique, nous verrons que si le temps a offert peu de chose en terme de production et de réalisation sociale c'est parce que nous nous attelons trop souvent à tuer nos propres valeurs par le mépris et un manque de gestion de nos ambitions. Dans cette communauté qui ne fait pas poids dans les balances électorales, nous attendons que surgissent par la grâce du destin d' autres "Marie Saint Fleur"(député Haïtien de Massachusetts) au lieu de nous mettre à la tâche pour les fabriquer nous-même. Nous oublions trop souvent que nous sommes les artisans dune nouvelle société aux côtés des artistes, membres de la presse, organisations communautaires et d'autres professionnels de la cité qui devraient participer à la formation de nouveaux leaders pouvant directement représenter nos croyances, notre culture et nos réalités de la vie dans une chambre américaine.
Quand dans nos péripéties d'immigrés, nous sommes forcés de nous défendre en faisant monter le ton puisqu'on nous ferme les frontières, on nous accuse d'être porteurs du virus du sida, on nous discrimine, les excès de zèle nous saisissent et nous font pousser le ronflement habituel en répétant que les Etats Unis sont une terre d'Immigrants. Entre-temps, les fils d'immigrants casés dans les bâtiments blancs votent des lois qui ne répondent pas a nos intérêts.
Quand dans ses rudes démêlés elle a combattu à la sueur de son front, ayant grandi dans un milieu américain sans jamais écouter une radio haïtienne "puiske se manti radio Haïtien yo bay" « Se sa yo di, » cette petite fille des années 80 reçoit un doctorat et s'impose dans les milieux juridiques jusqu'à réussir de par ses propres courages à briser une barrière socio-politique sans jamais reçu quoi que ce soit d'aide de sa communauté ethnique, tout le monde y compris la radio haïtienne, les organisations haïtiennes de la communauté, les leaders, les activistes, tous les grands animateurs de la zone- tout le monde disons-nous, vient crier d'une seule voix « elle est nôtre. »
Et demain, elle se retrouve dans toutes les grandes chaînes de télévision commentant sur la politique haïtienne sans la moindre lecture de la réalité de chez nous. Elle dîne avec le congressman. Oui c' est elle ! Que voulez-vous! puisqu' elle nous represente ? Et le sujet-clé n' est autre que la société haïtienne ou le rêve et la conception de l' individu de la classe moyenne, sa perception de la domesticité !Adieu Ti Oma ! (Publication de Charlot Lucien)
Nous disons toujours qui' l nous faut changer tant de choses sans pourtant croire que nous devons surtout cesser d' être une communauté sans vision, et qui' l nous faut une ambition commune pour que celui qui reste attaché à la source culturelle et connaît mieux la réalité haïtienne gravisse un jour les pas de l' escalier de Beacon Hill (La chambre de Massachusetts). C' est à partir de là que nous forcerons la main a l' Amérique. Et c' est seulement à partir de là que nous secouerons les mûrs du Yankee pour demander que l' haïtien soit enfin respecté comme toutes les autres nations qui prennent refuges sur cette terre. Pour se faire, nous avons besoin de nous organiser. Nous avons besoin d' une presse qui presse et des organisations d' activisme fondées sur des bases économiques solides; une communauté qui aide ses enfants à aller à l'école, et qui fait comprendre à Sesilia que « the show must go on » « Leve kampe pou ou pran soin de pitit ou pandan ou pwal nan nursing home chak jou. E fòk ou al lekol tou menm si'w fatige. »
Si vous vivez aux Etats Unis d'Amérique ces temps-ci, surtout si vous êtes noir, vous êtes appelés à faire face à toutes les retombées du 11 septembre. Ceci dit vous êtes obligés de vous battre pour plusieurs causes; dont votre survie, votre intégrité, votre respect, celui de votre race, et celui de votre nation immigrée dans ce pays.
Si notre histoire de peuple explique les raisons de notre fierté, les déceptions politiques qui caractérisent nos deux cents ans d' existence nous ont en sorte value notre image ternie, frappant aujourd' hui à toutes les portes de l'occident.
Sommes-nous près à célébrer 2004 en toute certitude avec le bonheur en nous-même ?
Bonne Année quand même !
Posté le 5 janvier 2003